Oreillers, coussins, plaid : composer un lit beau et facile à vivre

Sur les photos de chambre, le lit porte souvent six coussins, un plaid plié en trois et une couette qui retombe jusqu’au sol. Le soir venu, tout cela finit en tas sur une chaise, et le matin, plus personne n’a le courage de tout remettre. Un lit qui ne se vit pas au quotidien ne reste pas beau longtemps : la bonne composition part de l’usage, puis ajoute le décor, et pas l’inverse.
Partir des oreillers sur lesquels on dort
Ce sont eux la base, et ce sont pourtant souvent les derniers auxquels on pense, après les coussins et la parure. Le format des oreillers de nuit détermine toute la silhouette du lit. Le carré de 60 × 60 cm, très français, se tient droit contre la tête de lit et donne un lit haut, d’allure classique. Le rectangle, en 50 × 70 cm ou plus petit, se pose à plat et dessine une ligne horizontale plus contemporaine, celle de beaucoup de lits d’hôtel.
Comptez un oreiller de nuit par personne, deux pour ceux qui lisent au lit : le second, dressé contre la tête de lit, sert de dossier le soir et rejoint le décor dans la journée.
Le confort, lui, ne se sacrifie pas à l’esthétique. Un oreiller se choisit d’abord pour sa hauteur et sa fermeté, selon la position dans laquelle on dort, puis on l’habille. Les oreillers à mémoire de forme de la literie Westelynck, fabricant installé à Borre, dans le Nord, existent par exemple en rectangle de 40 × 60 cm, en épaisseur standard ou plate, ou en version ergonomique. Leur housse se retire et se lave à 40 °C, et l’on peut essayer l’oreiller avant de l’acheter. Quel que soit le modèle retenu, prenez des taies exactement à sa taille : une taie trop grande flotte, fait des plis et gâche l’effet net que l’on cherche.
Superposer sans empiler
La superposition fonctionne par plans, du fond vers l’avant. Au fond, contre la tête de lit, deux grands carrés de 65 × 65 cm habillés de taies à volant font office de dossier. Devant, les oreillers de nuit. Au premier plan, un ou deux petits coussins, rectangulaires de préférence, qui apportent la couleur ou la matière. Trois plans suffisent ; au-delà, le lit ressemble à une vitrine.
La taie à volant, avec son rabat plat cousu tout autour, est faite pour être vue : réservez-la aux oreillers de décor, sur lesquels on ne dort pas. Et sans tête de lit, la superposition perd son appui, les grands carrés glissent et s’affaissent. Un panneau tapissé, une planche peinte ou un tissu tendu au mur suffit à leur donner un dossier.
Pour les tissus, jouez sur les contrastes de texture plutôt que sur l’accumulation de motifs. Un lin lavé et froissé à côté d’une percale lisse, un velours sur le petit coussin, une grosse maille pour le plaid : la chambre gagne en profondeur sans devenir chargée. Côté couleurs, deux teintes et un neutre forment une base facile à faire évoluer au fil des saisons, en ne changeant que les coussins du premier plan.
Le traversin mérite d’être réhabilité. Longtemps jugé désuet, il donne pourtant une ligne nette à un lit de style classique, posé derrière les oreillers sur toute la largeur. Choisissez-le à la largeur exacte du matelas, 140 ou 160 cm : plus court, il laisse un vide disgracieux aux extrémités.
Ce qui doit rester simple le soir
Le test d’une bonne composition tient en une question : combien de temps faut-il pour défaire le lit ? Si la réponse dépasse une minute, il y a trop d’éléments. Prévoyez surtout un endroit où poser coussins et plaid pour la nuit, un banc au pied du lit, un coffre, un grand panier, faute de quoi ils finiront par terre.
Pour la couette, la largeur compte plus que l’épaisseur. Une couette au ras du matelas fait un lit étriqué et, à deux, déclenche la bataille au milieu de la nuit ; choisissez-la assez large pour qu’elle retombe nettement de chaque côté. Un plaid plié sur le bas du lit habille sans encombrer, et sert vraiment quand la nuit fraîchit.
Avant d’acheter un coussin de plus, demandez-vous où il dormira la nuit. Si vous n’avez pas de réponse, gardez plutôt cet argent pour une seconde parure de draps : un lit que l’on change souvent fait plus pour une chambre qu’un empilement de coussins.